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Nedim Gürsel


1951 : Naissance de Nedim Gürsel à Gaziantep, grande ville du sud de la Turquie, d'un père professeur de français et traducteur qui meurt très jeune dans un accident de voiture et d'une mère professeur de mathématiques.
Il passe son enfance à Balikesir, dans la région de Marmara, où il est élevé par son grand-père, un homme pieux, soucieux du droit, qui raconta à son petit-fils les divers épisodes de la vie du Prophète.


1962 : Il entre au lycée français de Galatasaray à Istanbul.

1970 : Son baccalauréat en poche, il obtient une bourse pour étudier les lettres modernes à la Sorbonne, à Paris.

De retour à Istanbul, il enseigne la littérature française et publie (en turc) ses deux premiers livres, le récit Un long été à Istanbul et le roman La Première Femme. Tous deux traduits et publiés en français en 1985 et 1986.

1971 : Le 12 mars, Nedim Gürsel est assigné au tribunal pour avoir publié un article sur l'écrivain soviétique Maxime Gorki. Le tribunal réclame plus de sept ans de prison.
« J’entrais en littérature dans un procès, raconte Nedim Gürsel. Cette épreuve a précipité mon exil en France, le pays où l’on ne met pas Sartre en prison».


1976 : Il reçoit le Prix de l'Académie de la langue turque pour Un long été à Istanbul.

1979 : Placée sous la direction de René Etiemble, sa thèse de doctorat en littérature comparée porte sur deux poètes : le français Louis Aragon et le turc Nazim Hikmet.

1980 : Coup d’Etat militaire en Turquie. Gürsel repart alors en France pour un exil de trois ans. 1981 : Il est condamné en Turquie par un tribunal militaire pour « offense aux forces armées » dans son livre Un long été à Istanbul, qui est censuré. Comme il est décrit par le tribunal comme «étudiant à Charbonne», il s’en amuse et dit avoir « cru qu’on allait (le) brûler vif dans un brasier à charbon d’un hammam ».
Dans ce roman, il témoigne du déferlement d’horreurs consécutives au coup d’Etat et fait du désert la métaphore de ce drame.


1981 est aussi l’année de son entrée au C.N.R.S comme attaché de recherche. Ce qui lui inspire cette remarque : «Grâce à ce travail de chercheur, j'ai pu échapper aux loups qui avaient pris le pouvoir dans mon pays. Cette liberté, cette sécurité m'ont donné le sentiment du devoir. J'ai désormais plusieurs vies à mener : enseignant-chercheur et écrivain. Je ne sais pas ce que je serais devenu si je n'avais pu tout faire à la fois».



1982 : Il assure un enseignement sur la littérature turque et la traductologie à l’Ecole Nationale des Langues Orientales (INALCO).

1983 : Publication de La première femme, censuré par le régime militaire turc.

1984 : Il est nommé chargé de recherche au C.N.R.S.

1986 : Son roman La Première femme obtient en 1986 le prix Ipekçi pour sa contribution au rapprochement des peuples grec et turc.

1990 : Prix de la meilleure nouvelle décerné par Radio France internationale (RFI).

1992 : Reçoit pour ses essais, le Prix de la plaquette d'or à Struga en Macédoine.


1998 : Il devient directeur de recherche au CNRS.

2004 : Il reçoit le Prix France-Turquie et est fait Chevalier dans l'Ordre des arts et des lettres, puis le Prix littéraire «Fernand Rouillon», sous l’égide du Comité France-Turquie à Paris.
La même année, il publie Au pays des poissons captifs, qui ouvre une trilogie autobiographique.


2008 : Parution de son roman Les filles d’Allah, publié en français en 2009, qui fait l’objet d’un procès en Turquie.
Alors qu’il était en voyage dans son pays natal, son éditeur turc l’informe qu’une enquête judiciaire est ouverte contre lui pour «blasphème» après la plainte d’un groupe islamiste.. Nedim Gürsel raconte que le procureur qui le reçoit lui soumet une quarantaine de phrases extraites du roman, hors contexte et déformées. Est-il concevable, interroge-t-il le procureur, que dans pays laïque le délit de blasphème existe ?
Un non-lieu est prononcé au mois d’août.




2009 : Il publie l'essai La Turquie, une idée neuve en Europe.

2011 : Publication de Belle et rebelle, ma France, ouvrage dans lequel il livre les raisons de son amour pour ce pays qui l'a accueilli.

Nedim Gürsel écrit ses fictions en langue turque et ses essais et articles de presse en français. Il a découvert en France le mot «liberté». «Il a fallu que je quitte Istanbul sans espoir d’y retourner un jour pour comprendre le sens profond de ce mot, liberté. Je l’écris en français parce qu’il m’a été longtemps difficile de l’écrire en turc».


Texte biographie: Marie-Christine Simonet.
Interview: Dennis Pereira-Egan le 16 mars 2010.