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Agota Kristof


1935 : Naissance d'Agota Kristof à Csikvánd, village hongrois à l'ouest de Budapest.
Le pays est alors sous la régence de Miklós Horthy, militaire réactionnaire, antisémite, anticommuniste, proche des régimes fascistes européens.
Le père d'Agota Kristof est l'unique instituteur du village.

1939-1945 : De son village, Agota Kristof vit la guerre « de loin ». La Hongrie est alors alliée de l'Allemagne nazie.

Dès l'enfance, Agota Kristof aime raconter des histoires à ses camarades, ainsi que de longs mensonges, notamment à son petit frère Tila. À la fin de la guerre, la famille emménage en ville, à Köszeg.

1949 : À la fin de la guerre, le pays est occupé par les troupes soviétiques. La langue russe domine la langue magyare dans la vie publique. A l'âge de 14 ans, Agota Kristof entre à l'internat. L'ambiance y est militaire. Entre ennui et souffrance, la jeune fille commence à rédiger des poèmes en hongrois ainsi qu'un journal dans lequel elle décrit ses douleurs intimes. Elle lit beaucoup, mais les lectures des écolières sont surveillées de près par la direction de l'internat.


Années 1950 : À cette époque, la Hongrie est plongée dans une pauvreté extrême, et la famille d'Agota Kristof n'est pas épargnée. Son père est en prison, tandis que sa mère tente de subsister par divers travaux. À l'internat, Agota Kristof organise des petits spectacles dont le thème central est l'imitation des professeurs. Elle fait payer les places à ses camarades et utilise les quelques sous gagnés à améliorer un peu son quotidien miséreux.

1956 : De graves troubles politiques touchent la Hongrie. Des conseils ouvriers, socialistes mais anti-staliniens, tentent de renverser le régime en place. Les troupes russes répriment cette insurrection dans le sang.
Le mari d'Agota Kristof est professeur d'histoire et il est très engagé politiquement. Lui, Agota et leur petite fille de quatre mois, décident comme de nombreux opposants au régime de fuir la Hongrie. À pied puis en car, avec un groupe de réfugiés comme eux, ils arrivent à Vienne, en Autriche. De là, ils sont envoyés à Lausanne puis à Zurich, en Suisse. Selon un plan de « distribution » des réfugiés hongrois décidé par les autorités helvétiques, Agota Kristof arrive ainsi, par hasard, à Neuchâtel, en Suisse romande (de langue française). Elle ne quittera alors plus jamais cette petite ville tranquille, au pied des Alpes. Mais elle gardera toujours une profonde blessure de cet exil forcé.


Années 1960-1970 : Ouvrière dans une usine d'horlogerie, Agota Kristof continue de beaucoup lire. Elle acquiert difficilement le français, son activité professionnelle et ses responsabilités familiales l'empêchant de suivre régulièrement les cours qui lui sont proposés. Elle continue donc, dans un premier temps, à écrire des poèmes en hongrois qui sont notamment publiés dans la Gazette littéraire hongroise.
Le temps passant, Agota Kristof améliore son niveau de français et, après s'être sans succès essayée à la poésie en français (genre qu'elle réserve finalement à sa langue maternelle), elle commence à écrire du théâtre dans cette « seconde langue ». Ses pièces sont jouées dans les cafés de Neuchâtel et à la Radio Suisse Romande.


1986 : Les éditions du Seuil publient son premier roman, largement autobiographique, Le Grand cahier. Le livre rencontre très vite un énorme succès en Suisse et en France et obtient le Prix du Livre européen. Il sera par la suite traduit dans plus d'une trentaine de langues.

1988 : Les éditions du Seuil, qu'un contrat lie à Agota Kristof, publient La Preuve, son second roman.

1991 : Publication du roman Le troisième mensonge, dernier tome de ce que l'on peut appeler une trilogie, qui obtient le Prix du Livre Inter.

2000 : A Abbeville (Somme), un jeune professeur de collège est arrêté en plein cours et placé en garde à vue pour avoir donné à étudier à ses élèves de 14 ans Le Grand cahier, jugé pornographique par les quelques parents d'élèves plaignants. L'affaire fait grand bruit dans la presse nationale. Le jeune professeur sera finalement relaxé et obtiendra sa mutation.

2001 : Laurent Hatat met en scène Le Grand cahier.

Souffrante, Agota Kristof a cessé d'écrire. Mais l'oeuvre qu'elle laisse derrière elle la place sans nul doute parmi les plus grands écrivains de langue française du XXème siècle.


2011 : Elle décède à Neuchâtel le 27 Juillet, à l'âge de 75 ans.

Texte : Baptiste Chrétien
Interview : Dennis Pereira-Egan
Texte Faq : Baptiste Chrétien