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Agota Kristof

Langue hongroise

La langue hongroise (magyar nielv) n'est ni une langue latine, ni une langue slave, ni une langue germanique. Elle appartient à la famille des langues ouraliennes, comme le finnois, le same (lapon) ou encore l'estonien . Le hongrois est la langue officielle de la Hongrie mais aussi de certaines régions de Serbie et de Slovénie. Elle est également reconnue comme langue régionale en Autriche, Croatie, Roumanie, Slovaquie et Ukraine.
La langue hongroise s'écrit avec l'alphabet latin de façon quasiment phonétique. L'une de ses particularités est d'être une langue agglutinante (comme le basque ou le japonais), c'est-à-dire que le vocabulaire est formé en assemblant des éléments basiques invariables.
Bien que la normalisation véritable de la langue hongroise ne date que de la première moitié du XIXème siècle, les linguistes font remonter l'apparition du hongrois comme langue autonome (dans sa variété dialectale) à 1000 av. J.-C., ce qui la classe parmi les plus vieilles langues d'Europe encore usitées.
Bien que menacée, durant des décennies, par l'omniprésence du russe dans les pays où il est parlé, le hongrois est aujourd'hui la langue maternelle d'environ 13 millions de personnes (dont 75% en Hongrie).



Hongrie soviétique

De 1941 à 1944, sous la régence du dictateur Miklós Horthy puis du colloborateur Ferenc Szálasi, la Hongrie est alliée de l'Allemagne nazie sur laquelle elle calque sa ligne politique depuis des années. Pays vaincu, la Hongrie est occupée par les Soviétiques dès l'automne 1944. De 1944 à 1948, les Soviétiques sont plutôt tolérants envers le nouveau régime hongrois, plus ou moins fondé sur le modèle d'un parlementarisme à l'occidentale, bien que le Parti communiste hongrois jouisse de privilèges importants. Mais dès 1947, Moscou exerce de fortes pressions politiques qui aboutissent progressivement à l'affaiblissement et à la dissolution des forces d'opposition, communistes anti-soviétiques inclus.
En 1949 est proclamée la République Populaire de Hongrie, sur le modèle soviétique. Durant les premières années, le régime travaille prioritairement sur la collectivisation des terres (kolkhozes) et la nationalisation de l'industrie. Les mouvements d'opposition sont sévèrement réprimés et les réfractaires sont envoyés dans des camps de travail. En 1955, la Hongrie adhère au pacte de Varsovie qui, dans le contexte de la Guerre froide, réunit les pays communistes. Entre 1953 et 1956, le socialiste réformiste Imre Nagy est à la tête du gouvernement. Celui-ci, largement soutenu par la population, compte écarter son pays de la main-mise soviétique et parvient à quelques avancées en ce sens.
En février 1956, Nikita Khrouchtchev, successeur de Staline, lit au court d'un congrès son rapport incendiaire sur les écarts du stalinisme et sur le caractère dictatorial du régime soviétique en place. Dès lors, notamment en Pologne, en Tchéquoslovaquie et en Hongrie, on voit en ce discours une possibilité d'émancipation et l'on souhaite se libérer de l'emprise totalitaire de Moscou. Le nouveau gouvernement hongrois de Nagy proclame la neutralité du pays et son retrait du pacte de Varsovie. Parallèlement s'organise un grand soulèvement populaire contre Moscou et des manifestations de masse ont lieu à Budapest. Khrouchtchev, qui voit alors la situation dégénérer, craint que cela n'entraîne un mouvement de rébellion à travers tout le bloc communiste et il décide une intervention militaire.
Le 4 novembre 1956, les chars russes entrent dans Budapest et, après dix jours de combats de rue sanglants, l'Armée Rouge maîtrise les manifestants et prend le contrôle de la ville. Les pays occidentaux ne viennent pas en aide aux insurgés.On dénombre plus de 20 000 manifestants hongrois tués. Les opposants sont traqués. Face à un tel carnage, Imre Nagy ouvre des routes vers l'Autriche et permet ainsi, en quelques jours, la fuite de 210 000 opposants à Moscou. Il est rapidement arrêté par la police politique russe (KGB) et sera exécuté deux ans plus tard. Il est remplacé par János Kádár, davantage obéissant aux ordres de Moscou.
La Hongrie restera sous régime soviétique jusqu'en 1989 et connaîtra des périodes plus ou moins totalitaires. Elle rejoindra l'OTAN en 1999 et deviendra membre de l'Union Européenne en 2004.

Texte Faq : Baptiste Chrétien