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Leïla Sebbar
Leïla Sebbar


1941 : Leïla Sebbar naît le 19 novembre à Aflou, petite ville algérienne des Hauts Plateaux. La famille s'installe à Hennaya, près de Tlemcen, où ses deux parents sont instituteurs. Son père est algérien et sa mère est française, originaire du Périgord.
Années 1940-1950 : Comme son frère et ses soeurs, Leïla est élevée dans la culture française. D'abord parce-que sa mère est française, mais aussi parce-qu'elle grandit dans l'école où enseigne son père, un endroit où l'on ne parle que le français. L'Algérie est encore à cette époque, faut-il le rappeler, un territoire français.


Leïla est donc la fille de l'instituteur de l'école française, mais aussi la fille de "la Française". Cela induit très vite un rapport difficile aux enfants dits "indigènes" qu'elle rencontre.


1954 : La guerre d'Algérie éclate.
1957 : Le père de Leïla Sebbar est arrêté par l’armée française et emprisonné à Orléansville (El Asnam) pendant plusieurs mois.

1960 : Leïla Sebbar entre en Hypokhâgne au lycée Bugeaud d’Alger.

1961 : Elle quitte l’Algérie et s’installe en France, à Aix-en-Provence. Elle y poursuit des études de Lettres et y fonde, avec d’autres étudiants, une cinémathèque. Ce départ d'Algérie n'est pas pour elle un exil douloureux, mais un choix, voire une démarche allant de soi, car Leïla est française sur le papier et française par sa mère et son éducation. Cependant, elle entretiendra toute sa vie un grand amour envers son pays natal, en cherchant inlassablement à le mieux comprendre.


1962 : Proclamation de l'indépendance de l’Algérie après une guerre qui en huit ans a fait plus de 200 000 morts. Des centaines de milliers de Pieds-Noirs, Juifs séfarades ou berbères et harkis sont « rapatriés » en France. L’écrivain Mouloud Feraoun, camarade de promotion du père de Leïla Sebbar à l’école normale Bouzaréa d’Alger, est assassiné par l’OAS.
1963 : Leïla Sebbar s’installe à Paris. Elle y devient professeur de Lettres.

1968 : Les parents de Leïla Sebbar quittent l’Algérie et s’installent à Nice.

1974 : Sa thèse de doctorat, Le mythe du bon nègre dans la littérature française coloniale au 18e siècle, est publiée dans Les Temps Modernes.
Sebbar publiera par la suite de nombreux articles et études dans cette prestigieuse revue fondée par Jean-Paul Sartre.

1976 : Avec plusieurs amies, dont Nancy Huston, elle fonde Histoire d’Elles, journal féministe dont la publication durera trois années. Elle participe en même temps à un autre titre bien connu des féministes, la revue Sorcières.



1978 : Leïla Sebbar publie une enquête retentissante, On tue les petites filles, qui étudie les différents sévices endurés par les mineures.

1980 : Sebbar publie un important essai intitulé Le pédophile et la maman.

1981 : Publication de l’enquête Des femmes dans la maison, anatomie de la vie domestique.
C’est cette même année que Leïla Sebbar publie son premier roman, Fatima ou les Algériennes au square, qui narre la vie des immigrées algériennes dans les cités HLM de France et celle de leurs filles nées en France.


1982 : Parution de Shérazade : 17 ans, brune, frisée, les yeux verts, l’histoire d’une jeune « beurette », fugueuse en quête d’identité. Premier volet d’une trilogie complétée par Les carnets de Shérazade (1985) et Le fou de Shérazade (1991).

1986 : Avec son amie Nancy Huston, écrivain d’origine nord-américaine, elle publie Les lettres parisiennes : autopsie de l’exil, correspondance entre les deux femmes où il est question de l’exil, du déplacement, de l’intégration, de la place des femmes.


Durant les années 1980 et 1990, Leïla Sebbar collabore à de nombreuses revues comme La Quinzaine littéraire, Le magazine littéraire, Les moments littéraires, et Etoiles d’encre et officie comme chroniqueuse dans différentes émissions de France Culture.

1993 : Le silence des rives, roman sur l’exil et la mémoire, obtient le Prix Kateb Yacine.

2003 : Parution du récit Je ne parle pas la langue de mon père, qui au-delà de la non-transmission de la langue arabe s’interroge sur la transmission culturelle en général et sur la relation père-fille. Leïla Sebbar tente ici de rassembler les fragments de son histoire familiale et de comprendre la vie de son père qui lui a si peu parlé de sa propre histoire.


2008 : Parution chez Bleu Autour de Voyage en Algérie autour de ma chambre: abécédaire, troisième volet d’une série d’ouvrages documentés sur l’histoire récente de l’Algérie et sur l’immigration algérienne en France.

2009 : Parution de Mon cher fils, roman qui traite de sujets chers à Leïla Sebbar : la destinée d’un immigré algérien en France, son retour en Algérie à la fin de sa vie, la trajectoire de ses enfants nés en France et les rapports difficiles entre ce vieux "chibani" et eux...


Chercheuse en littérature et en sciences sociales avant d’être un auteur de fiction, Leïla Sebbar a souvent expliqué qu’elle aurait aimé devenir psychanalyste, mais ajoute « qu’elle donnait trop d’importance au politique pour pouvoir être analyste ». Cela transparaît dans son œuvre dense, à travers laquelle Leïla Sebbar ne cesse de s’interroger sur l’altérité, les individus en migration, l’exil et l’évolution des mœurs.
Elle est aujourd’hui l’un des spécialistes incontournables de l’immigration maghrébine, de l’intégration, de l’histoire coloniale algérienne et de son incidence sur les comportements actuels, côté français comme algérien.




Texte biographie: Baptiste Chrétien
Interview: Dennis Pereira-Egan