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Albert Memmi


1920 : Naissance à Tunis le 15 décembre dans une famille juive arabophone très modeste qui habite à la lisière du quartier juif de " la h'ara " et du quartier arabe tunisien. Son père est bourrelier. Albert Memmi fréquente tout jeune l'école rabbinique, puis l'école primaire de l'Alliance israélite où il apprend le français. Élève brillant, il reçoit ensuite une bourse qui lui permet d'intégrer le lycée français de Tunis où il est l'élève de Jean Amrouche.
1943 : Pendant la Deuxième guerre mondiale, juste après le débarquement allié en Algérie, les Allemands envahissent la Tunisie et Albert Memmi est envoyé dans un camp de travail forcé.

1945 : Quelques mois après la fin des hostilités, il part pour Alger étudier la philosophie pendant un an, ayant renoncé à des études de médecine, puis il prend le bateau pour Paris.
1946 : Il y rencontre Germaine Dubach qu'il épouse le 24 décembre. Ils auront trois enfatns : Daniel, Dominique et Nicolas. Il prépare l'agrégation de philosophie à la Sorbonne. 1950 : Parenthèse tunisienne de 7 ans : Albert Memmi et son épouse y enseignent. Pendant ces années, Memmi fera partie du comité fondateur de l'hebdomadaire tunisien L'Action qui deviendra ultérieurement Jeune Afrique et dans lequel il dirigera les pages culturelles.
1953 : Parution de son premier roman, largement autobiographique, La statue de sel, salué et préfacé par Albert Camus, dans lequel il écrit : " Moi, je suis un bâtard de ma ville natale. Ô ville prostituée, au cœur fragmentaire, qui ne t'a eue pour esclave ? ", faisant référence aux Phéniciens, aux Romains, aux Vandales, aux Byzantins, aux Berbères, aux Espagnols, aux Turcs, aux Italiens et, à son époque, aux Français. Plus loin, il parle de la diversité de sa ville natale, " où n'importe qui se sent chez soi et personne à l'aise, chacun enfermé dans son quartier a peur de son voisin, le méprise ou le hait. " Quoique de langue arabe, l'œuvre de Memmi, partagée entre romans et essais, est écrite en français.

1956 : Le 20 mars, la Tunisie proclame son indépendance. Bien qu'il ait soutenu le mouvement d'émancipation de son pays, Albert Memmi n'arrive plus à trouver sa place dans son pays natal qui est devenu un état musulman.
1957 : Il est de retour à Paris où il retrouve le même appartement dans lequel il vit toujours. Il enseigne la psychiatrie sociale à l'Ecole Pratique des Hautes Etudes et est également attaché de recherche au C.N.R.S et membre de l'Académie des Sciences d'Outre-mer. Il dirige aussi la collection "Domaine maghrébin" aux éditions Maspéro.
Cette même année, il publie son essai le plus connu et le plus traduit, Portrait du colonisé, précédé du Portrait du colonisateur. Le livre, préfacé par Jean-Paul Sartre, explicite la relation d'interdépendance existant entre colonisateur et colonisé et apparaît à l'époque comme un soutien aux mouvements indépendantistes. Il poursuit dans cette veine en publiant ensuite Portrait d'un juif (1962 et 1966) et L'homme dominé (1968).

1970 : Albert Memmi est victime d'une maladie grave : un décollement de la rétine à l'œil droit.
1973 : Vingt ans après son installation en France, Memmi adopte la nationalité française.
1975 : Violente polémique avec l'écrivain marocain Abdelkebir Khatibi lors de la parution de Juifs et Arabes. Les positions tranchées de Memmi sur la Palestine le coupent alors des intellectuels maghrébins dont il a pourtant permis le foisonnement.
1995 : Grand prix littéraire du Maghreb de la Fondation Nourredine Aba.

Texte et interview : Dennis Pereira-Egan
Texte Faq : Dennis Pereira-Egan



© Albert Memmi