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Amélie Nothomb


1967 : Naissance le 13 août d'Amélie Nothomb à Kobé, au Japon, où son père Patrick est diplomate. Sa famille appartient à l'aristocratie belge.
Amélie a une soeur, Juliette, de deux ans son aînée, à qui elle est très liée, et un grand frère, André. Amélie passe les cinq premières années de sa vie à Shukugawa, un village de montagne proche de Kobé, dans un Japon du sud très authentique et traditionnel. Elle est en partie élevée par la gouvernante, Nishio San, qu'elle considère comme sa deuxième mère, et avec qui elle parle japonais. Les fillettes Nothomb vont à l'école japonaise, et s'imprègnent de la culture nippone à tel point qu'Amélie se sent, les premières années de sa vie, tout à fait japonaise. Le Japon marquera profondément sa mémoire et occupera une place très importante dans sa vie et dans son oeuvre littéraire.

1972 : La famille Nothomb quitte le Japon pour la Chine maoïste et s'établit à Pékin, où le père est en poste. Installés à San Li Tun, le quartier des ambassades, les Nothomb vivent dans un immeuble réservé aux diplomates, un véritable ghetto.
Dans son roman Le sabotage amoureux, Amélie décrira la Chine comme le « pays de la laideur », par opposition au Japon « pays de la beauté ». En effet, la jeune Amélie a très mal vécu l'arrachement à son pays natal, et ne peut que détester ce pays d'exil douloureux qu'est pour elle la Chine.
En outre, sous Mao, les Occidentaux en poste sont totalement déconnectés de la réalité chinoise et le contact avec les autochtones est quasi inexistant. Patrick Nothomb parlera plus tard de l'un de ses pires et ennuyeux postes dans la diplomatie. Paradoxalement Juliette, la soeur d'Amélie, a déclaré dans une interview réalisée par Michel Zumkir que les années chinoises furent, pour sa soeur et elle, des années de totale liberté et de beaucoup d'amusement.


1975 : La famille Nothomb s'installe à New York durant l'été. Commencent trois années d'exaltation, d'oppulence et de débauche. Le contraste avec la vie pékinoise est saisissant. Amélie, qui avait alors entre huit ans et onze ans, définie cette période comme un « délire absolu ». Les parents Nothomb font profiter leurs enfants de tous les fastes et attractions qu'un Américain aisé peut s'offrir, comme pour les récompenser des trois ennuyeuses années passées en Chine.
A New York, Amélie est scolarisée au Lycée français, où elle est très heureuse. Elle y développe une certaine mégalomanie de petite fille très choyée.


1978 : Les Nothomb s'établissent au Bangladesh, où Amélie et sa soeur suivent un enseignement à distance, grâce aux livres que leur amène la valise diplomatique. La solitude et l'ennui d'Amélie au Bangladesh dénote violemment avec l'agitation et l'exaltation de sa vie new-yorkaise. La jeune fille, alors âgée de onze ans, entre très difficilement dans l'adolescence. A 13 ans, elle sombre dans l'anorexie.


Les Nothomb s'installent ensuite successivement en Birmanie et au Laos. Pendant ces années, l'état de santé d'Amélie se dégrade et à 15 ans, elle pèse trente-deux kilos pour un mètre soixante-dix. Son corps cadavérique la fascine, mais une nuit, la jeune fille se sent vraiment mourir, et découvre à ce moment l'instinct de survie. Elle relate cet épisode dans son roman Biographie de la faim, paru en 2004.


1984 : Amélie ne découvre la Belgique qu'à 17 ans. Elle entre à l'Université libre de Bruxelles où elle suit des études de philologie romane, tout comme Nietzsche qu'elle vénère, aime-t-elle à le souligner pour plaisanter. Elle aime Bruxelles, aime ses cafés, ses rues, la « folie de ses habitants ». Cette ville est très importante dans sa vie, car c'est non seulement là qu'elle entre dans la vie d'adulte et qu'elle devient une très grande lectrice, mais c'est surtout là qu'elle commence à écrire.
Toutefois, le contraste étant brutal entre le monde asiatique de son enfance et la culture occidentale, Amélie Nothomb met quelques années à se sentir tout à fait Belge.


1989 : Jeune licensiée-agrégée de 21 ans, Amélie Nothomb n'a jamais oublié son Japon natal. A tel point qu'à travers ses pérégrinations internationales, elle a toujours gardé en tête l'idée d'y retourner vivre un jour. Partagée entre la douleur de se séparer physiquement de sa soeur pour la première fois de sa vie et l'attirance qu'exerce sur elle le pays du soleil levant, elle se décide et achète un aller simple pour Tokyo. Elle y débarque donc en janvier. Au bout d'une semaine, elle recontre un riche Tokyoïte avec qui elle vivra une belle histoire d'amour pendant deux ans.

La même année, elle accomplit un rituel très important dans la tradition japonaise : l'ascension du Mont Fuji.

C'est aussi à cette époque qu'elle adopte un rythme d'écriture auquel elle s'astreint toujours aujourd'hui : 4 heures d'écriture minimum chaque jour.

1990 : Passés les quelques mois de réadaptation et de redécouverte de ce beau pays, Amélie se fait embaucher dans une entreprise comme interprête. Le monde du travail japonais est cruel et difficilement supportable pour la jeune femme. Cette douloureuse expérience lui inspirera, quelques années plus tard, l'un de ses plus célèbres romans, Stupeur et tremblements.


1991-1992 : Amélie rentre en Belgique. Elle s'y consacre à l'écriture de son premier roman, Hygiène de l'assassin, qui sera publié en 1992 chez Albin Michel. Le succès de ce livre est immédiat. Il reçoit le Prix René Fallet et le Prix Alain Fournier. Cependant certains critiques littéraires restent sceptiques, et se demandent comme une femme aussi jeune peut avoir écrit un ouvrage d'une si « effrayante maturité ». Finalement, tous finissent par reconnaître son grand talent.

1993 : Un an après son premier roman paraît le second, toujours chez Albin Michel, Le sabotage amoureux, qui provoque lui aussi l'engouement du public. Largement autobiographique, ce texte s'inspire de l'expérience chinoise de la jeune Amélie. Le roman obtient le Prix de la Vocation et le Prix Chardonne. L'histoire inspirera plus tard un opéra au compositeur belge Daniel Schell.

1999 : C'est à la suite de la parution de son neuvième roman, Stupeur et tremblements, inspiré de son expérience dans le monde de l'entreprise japonaise, qu'Amélie Nothomb reçoit le Grand Prix du roman de l'Académie française. Ce titre est certainement le plus gros succès de l'auteure à ce jour, avec plus de 500 000 exemplaires vendus.
Le livre met en évidence les différences profondes qui subsistent, même à l'heure de la mondialisation, entre la civilisation japonaise et les civilisations occidentales, et raconte les immenses difficultés, voire l'impossibilité pour une jeune Occidentale de s'accoutumer au monde de l'entreprise nippon.
L'histoire sera adaptée au cinéma par Alain Corneau en 2003. Le personnage d'Amélie y est interprêté par Sylvie Testud. Le film Stupeur et tremblements est lui aussi un immense succès.
Malgré cela, Amélie Nothomb nourrit un regret : cette histoire, bien que très largement inspirée de faits réels, a profondément déplu aux Japonais, qui y voient une insulte à l'encontre de leur mode de vie et en font grief à l'auteur.


2000 : Publication de Métaphysique des tubes, roman autobiographique dans lequel Amélie Nothomb livre ses souvenirs du Japon des premières années de sa vie. En effet, l'auteur est douée d'une mémoire surdéveloppée qui lui permet de restituer les évènements et impressions de sa petite enfance.


2007 : Le seizième roman d'Amélie Nothomb, Ni d'Ève ni d'Adam, est publié par son fidèle éditeur Albin Michel. Ce récit revient sur la seconde période japonaise de l'auteur, en 1989-1990, mais se fixe cette fois sur un thème joyeux, son histoire d'amour avec Rinri. Sélectionné pour le Prix Goncourt et pour le Prix Renaudot, Ni d'Ève ni d'Adam obtient le Prix de Flore.


2008 : Son roman Le fait du prince est couronné par le Grand Prix Jean Giono. Ce texte traite encore plus que les autres du thème, cher à l'auteur, de l'identité.


Auteur extrêmement prolifique, Amélie Nothomb publie traditionnellement un livre par an depuis 18 ans, que la critique et le public attendent chaque année au mois de septembre. Elle avoue même avoir chez elle une quarantaine de manuscrits inédits qu'elle ne souhaite pas forcément voir publiés. Personnage singulier dans le milieu de la littérature de langue française, Amélie Nothomb jouit d'un lectorat fidèle et sans cesse croissant, qu'elle régale d'histoires en apparence simples, mais traitant souvent de questions métaphysiques complexes, dans un style volontairement accessible à tous.
Elle partage aujourd'hui son temps entre Bruxelles et Paris.


Textes : Baptiste Chrétien
Interview : Dennis Pereira-Egan