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Emmanuel Roblès


1914 : Naissance d'Emmanuel Roblès le 4 mai à Oran en Algérie. Son père, parti travailler au Maroc à la construction d'un hôpital militaire, est mort du typhus quelques mois avant. Roblès grandit à Oran entouré de sa mère, de son frère aîné Lucien et de sa grande-mère maternelle, née à Grenade.

1928 : Grâce à une bourse d'étude, il entre au collège Ardaillon à Oran.

1929 : A la recherche de ses racines, Roblès effectue son premier voyage en Espagne (Andalousie, Levant, Castille, Catalogne et Baléares). Après trois mois de vagabondage, il intègre l'Ecole Normale d'Alger où il fait la connaissance de Mouloud Feraoun.


1934 : Roblès voyage en Russie, en Pologne et en Allemagne où il assiste au plébiscite comme président d'Adolf Hitler. A son retour en Algérie, il devient instituteur.

1935 : Roblès voyage en Inde, en Chine du Sud et en Indochine. Il collabore à Oran Républicain, journal du Front populaire en Algérie française.

1937 : Militaire à la base de Blida, près d'Alger, il rencontre à cette période Albert Camus, Max-Pol Fouchet, René-Jean Clôt ou encore Claude de Fréminville.


1938 : L'éditeur algérois Edmond Charlot publie son premier roman, L'action. Roblès collabore au quotidien Alger Républicain sous divers pseudonymes : Pétrone, E. Chêne (son nom en espagnol signifie « chêne-rouvre »).

1939 : Mariage avec Paulette Puyade, rencontrée à la Faculté des Lettres d'Alger.

1940 : Démobilisé, Roblès enseigne en Kabylie puis à l'Ecole Normale d'Alger.

1941 : Publication de son second roman, La vallée du paradis, chez E. Charlot.

1942 : Naissance de son fils Paul, l'année de la libération de l'Algérie (Opération Torch).

1943 : Roblès est mobilisé à l'Etat-Major de l'Air puis nommé correspondant de guerre pour l'hebdomadaire Ailes de France. Il exerce en Sardaigne, en Corse, en Italie du Sud et en Allemagne. Cette période lui inspirera, plus tard, plusieurs de ses romans et certains des récits contenus dans Les rives du fleuve Bleu.

Publication chez E. Charlot du roman Travail d'homme, qui obtient le Grand Prix littéraire de l'Algérie.

1944 : Après la Libération de Paris, Roblès y est envoyé et retrouve son ami Albert Camus.
Publication chez E. Charlot du recueil de nouvelles Nuits sur le monde.

1945 : Jusqu'à la fin de la guerre, Roblès effectue des missions en Grande-Bretagne et en Allemagne pour l'hebdomadaire militaire Aviation française (ex Ailes de France). Avant d'être démobilisé, il est envoyé comme interprète en Amérique du Sud. A Buenos Aires, il rencontre les poètes Arturo Serrano Plaja et Rafaël Alberti. Travail d'homme obtient le Prix du roman populiste.

1946 : Démobilisé, Roblès s'installe à Paris avec sa femme et son fils. Il collabore à différents journaux dont Gavroche, Les Nouvelles littéraires, Combat et Le Populaire.

1947 : Naissance de sa fille Jacqueline et retour à Alger. Les hauteurs de la ville est publié sous forme de feuilleton dans Le Populaire.

1948 : Roblès devient critique littéraire à Radio-Alger et fonde la revue Forge avec El Boudali Safir et Luis Julia. Ils publient notamment les premiers textes de Mohammed Dib, d'Ahmed Sefrioui, de Kateb Yacine et d'auteurs d'expression arabe. En avril, création de la pièce Montserrat au Théâtre Montparnasse de Paris et au Théâtre du Colisée à Alger. Les hauteurs de la ville obtient le Prix Fémina.

1949 : Roblès fonde, avec P. Grandejean, le Théâtre de la Rue pour lequel il écrira deux comédies : Porfirio et L'horloge.

1951 : Le Seuil publie le recueil de nouvelles La mort en face. Roblès fonde la collection Méditerranée chez son éditeur et en prend la direction.

1952 : La Comédie-Française monte sa pièce La vérité est morte et Le Seuil publie son roman Cela s'appelle l'aurore.

1954 : Séjour à New York puis à Mexico où il rencontre le réalisateur Luis Buñuel. Ils travaillent ensemble à l'adaptation cinématographique de Cela s'appelle l'aurore, qui sortira sur les écrans deux ans plus tard.
Roblès voyage également au Guatemala, au Salvador et au Costa Rica. Le premier novembre commence la guerre d'Algérie.

1955 : Il participe à l'organisation de la Fédération des Libéraux d'Algérie et à son journal, Espoir-Algérie, en faveur de l'abolition du statut colonial.


1956 : Participant au comité de la « Trêve civile » animé par Albert Camus, Roblès est un des organisateurs de la conférence de Camus au Cercle musulman, perturbée par une manifestation d' « ultras ». Membre de la délégation de Libéraux reçue au Palais d'Eté par le chef du gouvernement Guy Mollet, il se rend compte que le rapprochement entre les deux communautés (« Européens » et « Musulmans ») est désormais irréalisable.


1957 : Roblès visite le Japon et en particulier la ville de Hiroshima sur laquelle il fait un reportage pour l'hebdomadaire parisien Demain.

1958 : Son fils Paul meurt accidentellement. Roblès quitte Alger et s'installe à Paris. Il ne retournera en Algérie qu'occasionnellement.

1959-1962 : Roblès voyage en Bulgarie, Turquie, Grèce, Portugal, Roumanie... Il fait des reportages au Liban et en Jordanie, donne des conférences en Afrique noire francophone.
En 1961 paraît son roman Le Vésuve.

1963 : Il rend hommage, en Algérie, à Mouloud Feraoun, assassiné l'année précédente.
Sortie du film Le Rossignol de Kabylie de Georges Régnier, d'après un texte de Roblès.

1964-1971 : Durant cette période, E. Roblès voyage beaucoup (Etats Unis, Russie, Géorgie, Arménie...). Il donne des conférences aux USA, en Haïti, à Saint-Domingue et au Canada. Il participe à des congrès de littérature à Sherbrooke (Québec) et au Maroc. Il fait un reportage au Chili et travaille avec l'italien Luchino Visconti à l'adaptation cinématographique de L'étranger de Camus. Il publie également plusieurs romans et pièces de théâtre.

1972 : Adaptation pour la télévision de La mort en face, réalisé par Guy Jorré. Conférence à Tahiti et publication du recueil de nouvelles L'ombre et la rive.

1973 : Roblès donne des conférences en Yougoslavie, au Pérou, en Bolivie, au Venezuela et en Colombie. En octobre, il est élu à l'Académie Goncourt (fauteuil de R. Dorgelès). Il co-écrit le scénario du téléfilm Frontières de Guy Jorré.

1974 : Sa femme Paulette décède. Roblès part enseigner pour un trimestre à l'Université de Sherbrooke au Québec. Il publie Saison violente.

1975-1981 : Roblès voyage aux USA, en U.R.S.S., en Turquie, aux Bahamas, en Suède et en Chine. Il donne des conférences à l'Université Charles de Prague et à l'Université de Padoue.

Il publie son premier recueil de poèmes, Un amour sans fin, ainsi que plusieurs romans.

1982 : Roblès séjourne à Buenos Aires et au Paraguay. Deux de ses romans sont adaptés à la télévision : Saison violente et Venise en hiver.

1983-1994 : Dans les dernières années de sa vie, Roblès continue à participer à des conférences et colloques (à Buenos Aires, Tunis, New York, Palerme, Stockholm, Copenhague, Sofia, Budapest...) et à voyager (en Chine, aux U.S.A., au Tibet, en U.R.S.S., en Scandinavie...).
Il publie Routes tibétaines, le recueil de récits Les rives du fleuve bleu, ainsi que de nombreux romans, recueils de poèmes et pièces de théâtre.

1995 : Emmanuel Roblès décède le 22 février, à l'âge de 80 ans. La même année paraissent Jeunes saisons et Camus, frère de soleil, deux livres de souvenirs.

Texte : Baptiste Chrétien
Interview : Archives
Texte Faq : Baptiste Chrétien