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C'est en décembre 1660, sous l'impulsion des consuls de Limoges et de quelques notables (dont Martial Maledent de Savignac, principal instigateur du projet), que fut émis le souhait de réformer totalement l'organisation hospitalière de la ville.
Existaient alors cinq hôpitaux, tous aussi pauvres et vétustes les uns que les autres. Dans l'esprit de ce que connaissait Paris depuis 1656 - un hôpital général unique, destiné à recueillir les miséreux de la capitale -, il fut envisagé de regrouper toutes les forces jusque là dispersées, au profit d'un seul établissement.
La gestion du nouvel hôpital fut confiée à un bureau présidé par l'évêque, et constitué de dix administrateurs. Quant aux soins apportés aux malades, ils furent dès l'origine dispensés par la communauté hospitalière des Soeurs de Saint-Alexis, fondée en même temps que l'hôpital et établie à proximité, sur un terrain cédé par les consuls.
En plus de l'accueil des malades, l'hôpital eut très vite pour vocation de secourir toutes les misères humaines. C'est ainsi que s'y côtoyèrent enfants abandonnés, vieillards, " filles perdues " (une annexe, le " Refuge ", fut construite à leur intention en 1683), et les mendiants. La mendicité ayant été interdite en 1656, les indigents furent regroupés à l'hôpital, dans des conditions quasi carcérales.
Selon le principe édicté par Colbert de " l'assistance par le travail ", ils furent employés dans des filatures et des ateliers de tissage, construits au sein même de l'hôpital...
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C'est au cours de la période révolutionnaire que l'hôpital connut ses jours les plus sombres. En devenant propriété nationale, il perdit en effet son autonomie financière. Et ses seuls revenus désormais possibles, ceux alloués par la Commission des secours publics, lui parvinrent de plus en plus irrégulièrement.
Ce n'était pourtant pas le moment, car la disette de 1795 et les guerres de l'Ouest (l'hôpital de Limoges était l'un des hôpitaux militaires les plus proches du théâtre des hostilités) avaient entraîné une augmentation considérable de la population...
Il connut plusieurs années de profonde misère : les pauvres furent même autorisés à repartir mendier dans les rues ! Il fallut attendre le Consulat pour que les ressources commencent à se relever.
Dès lors, et jusqu'au début du 20ème siècle, s'effectuèrent des transformations et des agrandissements presque incessants, avec en particulier la construction de plusieurs pavillons annexes. La majeure partie des bâtiments fut désaffectée en 1976, du fait de l'ouverture du nouveau Centre Hospitalier Universitaire ...
puis ensuite par la mise en oeuvre du programme de construction de la Bibliothèque francophone multimédia de Limoges.
(d'après Michèle Faye)
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